Le plaisir comme moteur de changement

Après avoir exploré en septembre comment les fausses-notes de la vie viennent briser la monotonie, octobre nous invite à aller plus loin : découvrir pourquoi le plaisir devient un moteur essentiel des apprentissages en profondeur et comment l’inclure dans le processus de changement

Souvent, nous avons appris à envisager le changement comme un effort, une discipline qu’il faut maintenir coûte que coûte. On entend souvent les expressions « il faut » ou « je dois ». Pourtant, il est bien plus facile — et surtout durable — d’évoluer lorsqu’on avance avec envie, curiosité et joie.

Je vous invite à découvrir comment Sophie, une gestionnaire épuisée par son perfectionnisme a cheminé dans son désir de changement.

Comme le perfectionnisme lui avait longtemps servi dans son parcours professionnel et personnel, c’était compliqué pour elle de le remettre en question.

En coaching, nous avons abordé la gestion du temps et des priorités, l’importance du sommeil ainsi que la mise en place de limites claires. Puis, lors de notre troisième rencontre, nous avons exploré la notion de plaisir. Ce fut un véritable tournant pour Sophie.

Sa prise de conscience fut la suivante :

« C’est une chose de faire les choses parfaitement parfaites, c’en est une autre d’avoir du plaisir. »

 

Quand Sophie a compris que son perfectionnisme lui apportait l’admiration et le respect de ses pairs, elle a ri… et pleuré. Cette découverte l’a amenée à se questionner en profondeur sur sa croyance limitante (les choses doivent être parfaitement parfaites) et l’a motivée à changer ses pensées. Elle a développé une nouvelle habitude, celle de célébrer ses progrès plutôt que se focaliser sur les détails.

Dans ce coaching, fait intéressant : Sophie a reconnu que ce goût des choses bien faites venait de sa mère. Comme quoi, nous sommes souvent le reflet de ce que nous avons appris.

La bonne nouvelle ? C’est que nous pouvons toujours apprendre, nous réinventer, créer de nouvelles habitudes et perspectives.

 

Changer c'est mettre en lumière les fonctions utiles de ce qui nous freine

Changer, c’est apprendre

Tout changement est, au fond, un processus d’apprentissage. Apprendre à voir autrement, à penser différemment, à agir de manière nouvelle. Nous ne changeons pas simplement en ajoutant de nouvelles habitudes : nous changeons en transformant nos manières de comprendre et d’interpréter le monde.

 

Le chercheur Gregory Bateson a distingué trois niveaux d’apprentissage :

Niveau 0 : le réflexe
C’est le réflexe immédiat.

  • Exemple : On touche une plaque chaude ? On retire la main. C’est automatique, naturel, instinctif.

Niveau 1 : l’apprentissage par conditionnement
C’est l’apprentissage classique : on corrige, on ajuste, on améliore une performance sans remettre en question le système global.

  • Exemple : Comme le chien de Pavlov, qui salive quand il entend la sonnette annonçant la nourriture. Nous, humains, nous faisons pareil chaque jour : certaines situations déclenchent automatiquement des réactions parce qu’on les a répétées et associées à des émotions ou des récompenses.

Niveau 2 : l’apprentissage transférable
C’est la capacité d’appliquer un savoir dans un autre contexte.

  • Exemple : Savoir conduire une voiture permet de conduire d’autres véhicules.

Niveau 3 : l’apprentissage profond, transformateur
C’est le véritable changement. Ici, nous ne faisons pas qu’appliquer ce que nous savons : nous revisitions nos fondations. Nous remettons en question nos croyances, nos façons de voir le monde, nos prémisses. C’est ce niveau qui permet de transformer durablement sa communication, son management… ou sa manière de vivre. On y accède souvent lorsque les apprentissages précédents atteignent leurs limites et créent blocages, souffrances ou impasses.

  • Exemple : ne plus seulement apprendre à conduire, mais ré-interroger le sens même de conduire (est-ce nécessaire ? quel impact écologique ? que dit ce choix de mon mode de vie ?)

L’importance du plaisir dans le processus 

On pourrait croire que l’atteinte de ce niveau 3 prend beaucoup de courage, de volonté et de discipline. Certes, cela en demande. Mais le carburant le plus puissant reste… le plaisir qu’il est indispensable d’introduire dans tout processus pour un changement durable.

Pourquoi ? Parce que le plaisir active notre curiosité, notre motivation intrinsèque et notre ouverture à l’apprentissage. Quand nous faisons les choses par envie plutôt que par contrainte, nous ouvrons un espace intérieur où la transformation peut se produire sans résistance.

Le plaisir rend l’expérience positive, gratifiante, et donc reproductible. Il permet au cerveau d’ancrer de nouveaux circuits neuronaux de façon fluide et naturelle.

En pratique :

Comment amorcer un changement dans le plaisir ? 

Accueillir ce qui est. Avant de vouloir changer, reconnaissez et valorisez vos forces actuelles.

Choisir plutôt que subir. Transformez  les « je dois » en  « j’ai envie de » ou « je choisis de ».

Introduire du jeu. Apprenez à expérimenter, à tester, à vous amuser avec de nouvelles manières de faire.

Célébrer les progrès. Même minimes. Le plaisir se nourrit de la reconnaissance de chaque étape franchie.

Prendre soin du système. Que ce soit vous, votre famille ou votre équipe, rappelez-vous que tout changement réussit mieux lorsqu’il se fait dans le respect et la valorisation de chacun.

 

Pour Sophie, la notion du plaisir a été la cheville ouvrière de son changement. C’est en remettant en question une façon d’être qu’elle a pu trouver sa voie.

Et vous ? Vivez-vous un changement dans votre vie personnelle ou professionnelle ? Comment abordez-vous la situation ?

Si vous trouvez votre situation difficile, je suis là pour vous accompagner  et ajouter du plaisir  dans votre transition : odile@odilegeinoz.com

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