En ce mois de fĂ©vrier ❀, le mois que l’on associe spontanĂ©ment Ă  l’amour, j’ai envie de vous raconter une histoire vĂ©cue qui m’a tout simplement bouleversĂ©e.

Avant NoĂ«l, lors d’un apĂ©ro dĂźnatoire, j’ai reçu une leçon de vie magistrale sur l’amour, celui qui ne connaĂźt pas de date de pĂ©remption.

J’ai fait la connaissance d’Yvan. Il m’a serrĂ© la main avec une fermetĂ© surprenante avec un grand sourire. L’ambiance Ă©tant amicale, je lui ai naturellement proposĂ© de passer au tutoiement.

Sa réaction fut un éclat de rire franc, sonore, magnifique :

– Avec grand plaisir ! À 93 ans, cela fait trĂšs longtemps que je ne me suis pas fait proposer le tutoiement !

J’en suis restĂ©e bouche bĂ©e. 93 ans ? Il rayonnait d’une Ă©nergie contagieuse. Il s’est tournĂ© vers la femme discrĂšte et Ă©lĂ©gante Ă  ses cĂŽtĂ©s.

– Je te prĂ©sente ma conjointe. Nous avons emmĂ©nagĂ© ensemble il y a deux ans. Nous nous sommes rencontrĂ©s Ă  la salle d’entraĂźnement physique que nous frĂ©quentons trois fois par semaine.

La dame, fin septantaine, des Ă©toiles dans les yeux, s’est penchĂ©e pour me glisser Ă  l’oreille :

– Yvan est la personne la plus gentille que j’ai rencontrĂ©e dans ma vie. Moi, je ne le regardais mĂȘme pas Ă  la salle de gym. C’est une amie qui nous a prĂ©sentĂ©s. J’ai laissĂ© mon appartement pour venir vivre chez lui.

 

Le plus incroyable, c’est que cette histoire faisait Ă©cho avec un roman que j’étais en train de lire :
La grand-mÚre de Jade que je vous résume dans les grandes lignes

 

À plus de quatre-vingts ans, sous la pression de ses filles, l’ombre de la maison de retraite plane sur Jeanne. Sa petite-fille Jade, une jeune journaliste trentenaire, refuse de voir sa grand-mĂšre glisser dans une vie qui n’est pas la sienne et l’installe dans son minuscule appartement en ville de Paris.

Jeanne a vĂ©cu toute sa vie dans les montagnes, rythmĂ©e par le silence des cimes et la rudesse des saisons. Tout portait Ă  croire que ce dĂ©racinement allait ĂȘtre un choc immense. Et pourtant quelque chose s’ouvre. Jeanne dĂ©couvre une vie
 qui la garde en vie.

– Moi qui suis si peu urbaine, pense-t-elle souvent en regardant par la fenĂȘtre, j’imaginais que je serais perdue sans mon jardin de montagne et la libertĂ© que me donnait la nature ! Je me surprends Ă  tout aimer dans cette autre vie. Sortir dans la rue, me glisser dans cette effervescence, en observer les coulisses, me donne le sentiment grisant de ne plus ĂȘtre sur la premiĂšre marche qui mĂšne Ă  la tombe. MĂȘme l’anonymat qui se plaque aux habitants de la ville me convient parfaitement ; c’est ma nouvelle peau.

Dans le petit appartement, une autre rĂ©volution a lieu. Elle apprend Ă  utiliser un ordinateur. Elle s’initie Ă  Internet. Jeanne lit. Elle a toujours lu. En cachette. Comme si aimer les livres avait Ă©tĂ© un luxe coupable dans son milieu.

Cette fois, elle relit le roman que sa petite fille a Ă©crit. Elle corrige, encourage, questionne le manuscrit. Puis, assez naturellement,  elle se met en tĂȘte de trouver un Ă©diteur qui accepterait de jeter un Ɠil au roman de Jade.

C’est ainsi, que de fil en aiguille, cette petite grand-maman des sommets se retrouve dans un restaurant chic de Paris, face Ă  Albert. Un Ă©diteur particulier, Ă©lĂ©gant, qui avait, incroyable hasard, Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans le mĂȘme coin de pays qu’elle et qui portait le mĂȘme Ăąge sur ses Ă©paules.

Cette premiĂšre rencontre, censĂ©e ĂȘtre professionnelle, se transforme en quelque chose d’inattendu. Ils rient. Ils s’émoustillent l’un l’autre. Et ils ont terriblement envie de se revoir.

Le soir, Jeanne écrit dans son journal :

– À l’intĂ©rieur de mon corps vieilli, le feu n’est pas complĂštement Ă©teint. Ce qui est injuste, c’est le regard que les autres portent sur notre Ăąge. On croit que le corps dĂ©cide. Mais c’est l’ñme qui choisit. En vivant prĂšs de Jade, j’ai oubliĂ© que je suis vieille. J’en conclus que j’ai dĂ» rajeunir.

Ces mots, elle ne les dit pas Ă  haute voix. Mais ils vibrent dans chacun de ses gestes

Elle repense Ă  Albert.

– Quelle gentillesse et quelle Ă©lĂ©gance cet homme !

Elle mesure soudain la dimension de ce qu’elle a peut-ĂȘtre perdu en demeurant obstinĂ©ment cachĂ©e dans ses dĂ©sirs les plus profonds, comme recluse dans sa montagne.

– Et si l’on me le demandait lĂ  tout de suite, oserais-je l’avouer malgrĂ© mon Ăąge ? Ce qui me manque ce n’est pas ce que je crois ĂȘtre encore et que je ne suis plus, c’est celle que je ne suis pas devenue.

Mais la vie offre des rattrapages.

Quelques jours plus tard, une lettre d’Albert est arrivĂ©e. Qu’importe le prĂ©texte littĂ©raire, l’arrivĂ©e de cette lettre est un lingot d’or dans la vie de Jeanne. Le mot n’est rien, mais l’aventure qu’il promet est d’une richesse incomparable. Elle le relit dix fois, pensant aux miracles multipliĂ©s dans les derniers mois et comment les astres se sont alignĂ©s.

Jeanne et Albert se sont revus. Il lui a parlĂ© du livre, oui, mais surtout d’eux. Elle se remĂ©more leur premiĂšre rencontre :

– Ses mains n’ont pas lĂąchĂ© les miennes pendant le rĂ©cit de mes souvenirs savoyards et je savoure encore sa dĂ©licatesse infinie pour essuyer les quelques larmes qui avaient roulĂ© sur mes joues ridĂ©es.

Puis cette question, simple, bouleversante :

– Êtes-vous libre le week-end prochain, Jeanne ?

Jeanne sourit, relĂšve la tĂȘte.

– Que projetez-vous pour mon week-end prochain, Albert ?

Albert regarde Jeanne, les yeux pleins de malice.

– Vous inviter au bord de la mer.

Voilà, chers amis, le message que je voulais vous transmettre pour cette Saint-Valentin 💘

 

Que vous ayez 30, 60 ou 93 ans comme mon voisin Yvan ou comme Jeanne et Albert, l’amour n’est pas une affaire de corps lisse et de muscles tendus. C’est une affaire d’Ăąme qui refuse de s’Ă©teindre, une capacitĂ© d’Ă©merveillement qui survit Ă  tout.

Alors, aimez. Aimez maintenant. Aimez fort. Il n’est jamais, absolument jamais trop tard.

Joyeuse Saint-Valentin à tous 💖

 

PS : J’aurais un immense plaisir Ă  accompagner 3 personnes en questionnement amoureux âŁïž

GrĂące aux cahiers pĂ©dagogiques  SATI « Être en amour autrement », je propose un accompagnement pour se prĂ©parer Ă  une belle histoire  – sans se trahir, sans se perdre, sans rĂ©pĂ©ter hier.

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